Sans schéma unifilaire ni plan de position, un organisme agréé refuse de délivrer le procès-verbal de conformité, même si l’installation est saine sur le plan technique. Ces deux documents sont la pièce d’identité de votre installation électrique : ils sont exigés à chaque contrôle RGIE, qu’il s’agisse d’une réception après travaux, d’une vente immobilière ou du contrôle périodique tous les 25 ans en résidentiel. Voici à quoi ils servent, qui les établit, ce qu’ils coûtent et ce que l’agréé regarde précisément.
Ce que sont le schéma unifilaire et le plan de position
Le schéma unifilaire représente l’installation circuit par circuit, depuis le compteur jusqu’aux points d’utilisation. Chaque ligne y figure une seule fois (d’où le terme « unifilaire »), avec sa protection : disjoncteur, calibre en ampères, section de câble, présence d’un différentiel et sa sensibilité. C’est le document qui prouve que chaque circuit est protégé conformément au Règlement général sur les installations électriques (RGIE).
Le plan de position est un plan de l’habitation à l’échelle, sur lequel sont reportés les emplacements physiques : tableau, prises, points lumineux, interrupteurs, boîtes de dérivation, liaison équipotentielle, prise de terre. Là où le schéma unifilaire décrit la logique électrique, le plan de position décrit la géographie de l’installation dans les pièces.
Les deux sont complémentaires et tous deux obligatoires. L’organisme agréé compare ce qui est dessiné à ce qu’il mesure sur place : un écart entre les documents et la réalité bloque le procès-verbal autant qu’un défaut technique. Si votre installation date et que ces plans n’existent plus, leur reconstitution fait souvent partie des travaux à prévoir avant le contrôle. Pour situer cette étape dans un projet plus large, notre guide sur la mise en conformité électrique en Belgique détaille les autres postes.
Pourquoi deux documents et pas un seul
Le schéma unifilaire seul ne dit pas où se trouvent physiquement les éléments : impossible de vérifier qu’une salle de bain respecte les volumes de protection ou qu’une prise extérieure est bien sur un circuit différentiel dédié. Le plan de position seul ne dit rien des calibres ni des sections. Le contrôleur a besoin des deux pour croiser la conformité logique et la conformité spatiale.
À quoi ils servent au contrôle RGIE
Le contrôle RGIE est obligatoire dans plusieurs situations : réception d’une installation neuve ou modifiée avant mise en service par le gestionnaire de réseau (Sibelga à Bruxelles, ORES ou Resa en Wallonie), contrôle périodique tous les 25 ans en résidentiel privé, et contrôle avant toute vente d’un bien. Le contrôle électrique par un organisme agréé suit la même logique de documents dans tous ces cas.
Lors de la visite, l’agréé ne se contente pas de tester. Il vérifie d’abord que le schéma unifilaire et le plan de position sont présents, lisibles et à jour. Il s’en sert ensuite comme feuille de route pour ses mesures : il pointe chaque circuit du schéma, retrouve les éléments correspondants sur le plan, puis mesure sur l’installation. Sans ces plans, il n’a aucune référence à laquelle comparer ses relevés, et le contrôle ne peut pas aboutir à un procès-verbal favorable.
Dans le cas d’une vente, le rapport et ses plans sont transmis à l’acheteur. Un procès-verbal non conforme n’empêche pas la vente, mais l’acheteur dispose alors de 18 mois pour faire réaliser la mise en conformité. Notre article sur le contrôle électrique à la vente d’une maison précise les délais et obligations côté vendeur.
Qui établit ces documents
Trois cas de figure se présentent selon l’âge et l’état de l’installation.
- L’électricien qui réalise les travaux établit le schéma unifilaire et le plan de position dans le cadre de son chantier. Sur une installation neuve ou une rénovation complète du tableau, c’est la situation normale : les documents sont produits au fur et à mesure et remis avec la facture. Bien choisir son électricien en Belgique inclut de vérifier qu’il fournit ces plans.
- Un bureau d’études ou un dessinateur spécialisé intervient quand l’installation est ancienne, complexe, ou que l’électricien d’origine n’est plus joignable. Le bureau relève l’installation existante et reconstitue les plans à partir de ce qu’il observe dans le tableau et les pièces.
- L’organisme agréé lui-même ne dessine jamais les plans : son rôle est de contrôler, pas de concevoir. C’est une incompatibilité de fonction. Le même acteur ne peut pas être juge et partie.
Quel que soit l’auteur, les documents doivent être datés et identifier l’installation. Un schéma unifilaire générique récupéré sur internet n’a aucune valeur s’il ne correspond pas à votre tableau réel.
Reconstitution sur installation ancienne
Beaucoup de logements belges des années 1970 à 1990 n’ont jamais eu de plans ou les ont perdus. Reconstituer le schéma unifilaire suppose d’ouvrir le tableau, d’identifier chaque départ, de remonter les circuits et de noter les sections. C’est un travail de relevé qui prend du temps et qui révèle parfois des non-conformités jusque-là invisibles, comme un circuit sans terre ou un calibre surdimensionné par rapport à la section du câble. Notre guide remise en conformité partielle ou rénovation complète aide à décider de l’ampleur des travaux qui en découlent.

Coût indicatif
Le prix dépend surtout de l’état de départ. Quand l’électricien produit les plans pendant un chantier de rénovation électrique complète, ils sont le plus souvent intégrés au devis global et n’apparaissent pas comme une ligne séparée.
| Situation | Qui établit | Fourchette indicative |
|---|---|---|
| Plans inclus dans un chantier neuf ou rénovation | Électricien | Compris dans le devis travaux |
| Reconstitution sur installation existante simple | Électricien ou dessinateur | 150 à 350 € |
| Reconstitution sur installation ancienne ou complexe | Bureau d’études | 300 à 600 € |
| Mise à jour après modification partielle | Électricien | 80 à 200 € |
Ces montants sont des ordres de grandeur de marché, à confirmer par devis : ils varient selon la surface, le nombre de circuits et l’accessibilité du tableau. À ce coût s’ajoute celui du contrôle lui-même par l’organisme agréé, détaillé dans notre article sur le tarif d’un électricien en Belgique. Si les travaux portent sur une mise en conformité en Wallonie, la Prime Habitation couvre la mise en conformité électrique pure (remplacement de tableau, mise à la terre, refonte des circuits), sous conditions de revenus et après audit logement préalable, comme le précise energie.wallonie.be.

Ce que l’organisme agréé vérifie sur les plans
L’agréé contrôle la cohérence entre les plans et l’installation, puis la conformité au RGIE. Les points examinés à chaque visite :
- La prise de terre et sa valeur : le schéma doit la mentionner, et l’agréé mesure la résistance de dispersion. Notre guide sur la mise à la terre et les ohms RGIE détaille les seuils.
- La protection différentielle : présence d’un ou plusieurs différentiels, leur sensibilité (300 mA en tête, 30 mA sur les circuits à risque), et leur affectation correcte. Le détail figure dans notre article sur le différentiel 30 mA et le RGIE.
- L’adéquation calibre / section : chaque disjoncteur du schéma doit protéger un câble dont la section supporte son calibre. Un disjoncteur 20 A sur du 1,5 mm² est un défaut classique.
- La cohérence tableau / schéma : le contenu réel du tableau doit correspondre au schéma unifilaire, ce que notre guide sur la composition du tableau électrique RGIE explicite.
- Les volumes de protection : pièces d’eau, prises extérieures, locaux spéciaux, repérés sur le plan de position et vérifiés sur place.
Tout écart non corrigé entraîne un procès-verbal non conforme, avec la liste précise des points à reprendre.
Format et normes attendus
Le RGIE n’impose pas un logiciel ou un format de fichier précis, mais des exigences de contenu et de lisibilité. Le schéma unifilaire doit utiliser les symboles électriques normalisés, identifier chaque circuit, indiquer calibres, sensibilités différentielles et sections. Le plan de position doit être à l’échelle et reporter tous les éléments fixes de l’installation. Un plan manuscrit lisible et complet reste recevable ; en pratique, la plupart des électriciens travaillent aujourd’hui sur logiciel.
La réforme RGIE du 1er avril 2026
Le nouveau RGIE entre en vigueur le 1er avril 2026 (Arrêté royal du 6 octobre 2025) et révise plusieurs règles techniques qui se répercutent directement sur le contenu des schémas : nouvelles règles de protection différentielle, normalisation des sections de câble en habitat individuel et révision du calcul des chutes de tension. Concrètement, un schéma unifilaire établi après cette date doit refléter ces exigences, et une installation contrôlée après le 1er avril 2026 est évaluée sur le nouveau référentiel. Le texte de référence est consultable sur economie.fgov.be. Pour le détail des changements, voyez notre dossier sur la réforme RGIE 2026.
Si votre installation est contrôlée juste après l’entrée en vigueur, anticipez : faire vérifier la cohérence des plans avec le nouveau référentiel avant la visite évite un procès-verbal défavorable et une contre-visite payante.
Le schéma unifilaire est-il obligatoire pour le contrôle RGIE ?
Qui peut établir un schéma unifilaire ?
Combien coûte la reconstitution des plans d’une installation ancienne ?
La réforme RGIE de 2026 change-t-elle le schéma unifilaire ?
L’organisme agréé peut-il refaire mes plans ?
Avant un contrôle ou une vente, faites établir ou mettre à jour vos plans par un professionnel agréé : demandez plusieurs devis détaillés pour comparer le coût des plans et de la mise en conformité, ou trouvez un électricien agréé près de chez vous à Liège.